Tous ceux qui ont eu la joie de
revenir en France après une expatriation savent qu’on passe par une période
assez pénible de mise à jour des dossiers administratifs (ah… l’Administration
française !) et de recherche de fournisseurs divers (téléphonie, énergie,
assurances diverses, etc.), sans parler de la recherche d’un logement (que je n’ai
heureusement pas eu à vivre). Forcément, un an après, il est temps de se poser
la question de la pertinence de certains de ces contrats qui normalement sont
reconduits automatiquement.
Ces
reconductions automatiques sont une plaie. En effet, si vous voulez
vous y opposer, vous devez vous
manifester par lettre recommandée avec accusé de réception, au plus tard un
mois avant la date de reconduction automatique et au plus tôt 2 mois avant.
C’est très précis et très contraignant. Je ne sais pas pour vous mais en ce qui
nous concerne, il se trouve qu’on est lié par pas mal de contrats avec pas mal
d’entreprises. Et bien que je me considère comme quelqu’un de bien organisée
(je connais beaucoup de gens beaucoup plus brouillons que moi), il se trouve
que j’ai raté récemment 2 « échéances ».
Je voudrais ouvrir ici une parenthèse
sur ces renouvellements automatiques à échéance annuelle. J’ai constaté qu’aux Etats-Unis, bien en amont de ces
dates on vous prévient que votre contrat va être renouvelé. C’est une
différence majeure avec la France. J’imagine
que les entreprises américaines sont légalement contraintes d’agir ainsi.
Et ça fait toute la différence. J’ai par exemple été prévenue récemment par un
fournisseur en ligne américain auprès duquel j’avais un contrat que mon contrat
allait être renouvelé. Ce rappel m’a été envoyé par mail un mois avant cette
date. Et heureusement, car sans lui j’allais rater le coche. Quant aux
entreprises françaises, elles se gardent bien de vous prévenir et sont trop
contentes de vous mettre ensuite sous le nez le « dépassement du délai de
préavis d’un mois ».
C’est ce qui m’est arrivé ces
derniers jours avec d’une part MatMut, et d’autre part Numéricable.
En effet j’ai plusieurs contrats
d’assurance avec MatMut (voitures,
domicile, …) Or je voulais annuler un de ces contrats. J’ai envoyé donc l’incontournable
lettre recommandée avec AR … 3 semaines trop tard. En effet il se trouve que
mes différents contrats n’ont pas été tous souscrits à la même date, certains
datent du 1e janvier et d’autres du 1e avril, ce qui a
créé de la confusion et m’a amené à agir trop tard. Après plusieurs relances
téléphoniques et par mail, j’ai reçu un refus par courrier me faisant remarquer
que j’avais dépassé les délais… J’ai appelé la hotline pour essayer de
négocier. Là j’ai encore plus sèchement été rembarrée. L’interlocuteur m’a dit
que c’était la loi et qu’en plus il n’avait pas de pouvoir de décision. Quand j’ai
demandé de parler à quelqu’un avec un pouvoir de décision il a refusé net. Mon
contrat est donc renouvelé pour un an (pas de possibilité de le contester avant
un an) et si je veux l’annuler, je dois écrire la fameuse lettre recommandée
avec AR entre 2 mois et un mois avant sa reconduction (je devrai donc coller
des post-it partout pour leur écrire entre le 30 octobre et 30 novembre car il
n’est pas possible de leur écrire dès maintenant pour cette date, alors que le
sujet est frais dans ma mémoire !). Je me suis alors souvenue que la
majorité de nos contrats arrivent à échéance le 1e avril. J’ai donc rappelé
la hotline pour les menacer d’annuler mes autres contrats si on ne faisait pas
un geste commercial. L’interlocuteur, moins revêche cette fois, m’a laissé
entendre que cela pouvait marcher mais … qu’il fallait que j’envoie une lettre
recommandée avec AR.
Quant à Numéricable, ils ont fait d’importantes modifications dans leurs
factures juste avant l’été. En effet on ne reçoit plus une facture globale mais
une facture par contrat (portable, internet, etc.) Je me suis aperçue récemment
qu’au passage on avait augmenté mon abonnement internet+TV+tél fixe de 5€ par
mois. Et qu’en plus ma date de renouvellement de contrat avait été reporté de 6
mois (de février à juillet) ! Je sais ce que vous pensez : pourquoi
ne s’en rendre compte qu’en janvier, plus de 6 mois après. Mais que celui qui
ne s’est jamais laissé déborder par le quotidien, le boulot, les enfants, etc.
me jette la 1e pierre ! En fait pour bien faire soit il faut
que je passe bien plus de temps que ce que je fais actuellement à mes paperasses
(impossible !), soit je dois embaucher un comptable (également impossible !)
Je les ai contacté et j’ai obtenu à peu près la même réponse : écrivez une
lettre recommandée avec AR pour les menacer de partir pour espérer obtenir une
annulation de ces nouvelles conditions indues !
Ma
conclusion : en France
la relation avec la clientèle est un
bras de fer permanent. Les entreprises ne font pas de geste commercial,
SAUF si vous êtes en mesure de les menacer de rompre votre contrat. C’est une
vision court-termiste, car soit le client est dans l’immédiat dans l’impossibilité
de partir et en garde une amertume (et rompt son contrat dès que possible),
soit il est en mesure de mettre ses menaces à exécution immédiatement et
obtient gain de cause, … mais en garde quand-même de l’amertume (car que de
temps et d’énergie perdus, que de lettre recommandée avec AR envoyées…)
Enfin
les modalités pour mettre fin à un contrat sont bien plus simples aux
Etats-Unis comparées à la France. Les
délais sont généralement raccourcis (je crois qu’on parle plus souvent de
15 jours que d’un mois de délai de préavis). Et vous n’êtes pas obligés de dégainer la lettre recommandée avec AR à
chacune de vos communications pour prouver la véracité de vos propos. Je me
souviens par exemple que l’an dernier, juste avant de quitter les Etats-Unis, j’ai
voulu annuler ma carte de fidélité payante auprès de la chaine de librairies Barnes & Noble (l’équivalent de la
FNAC). J’ai appelé en amont (je ne loupe pas systématiquement mes dates de
renouvellement !) pour les informer de ma décision de ne pas reconduire
mon adhésion. L’interlocuteur m’a dit « ok, c’est noté ! ».
Méfiante comme une française (!) j’ai demandé un reçu, une trace quelconque
comme quoi j’avais appelé. Il a eu l’air étonné et m’a dit « pas besoin, c’est
noté, ne vous inquiétez pas ! » Et en effet je n’ai pas été prélevée du
montant de l’adhésion (car bien-sût je ne l’ai pas cru et j’ai surveillé mon
compte bancaire !)
Alors j’ai envie de demander à
nos chères entreprises : « pourquoi tant de haine envers vos clients ?! »
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